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Au seuil de l’hiver, La TOUSSAINT

Liturgie de la Toussaint - 1er Novembre - Ap 7, 2…14 ; 1Jn 3, 1- 3 ; Mt 5, 1- 12

commentée par Mère Myriam, Abbesse de la Communauté


La liturgie de cette fête de Toussaint nous parle de 144.000 serviteurs de Dieu marqués de son sceau ! Il s’agit d’un chiffre symbolique signifiant une multitude innombrable.

L’enseignement que Jésus donne sur la montagne nous explique quelle est cette foule : « Une foule de toutes nations, races, peuples et langues » ; tous sans exception, sont pauvres de cœurs, doux, compatissants, affamés de justice, miséricordieux, purs, pacifiques ; tous ont été de l’une ou l’autre manière persécutés pour leur foi en leur Maître doux et humble auquel ils se sont laissés totalement configurer. C’est pourquoi ils sont « enfants de Dieu » ; ils participent à la sainteté de « celui qui les a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière ». Désormais ils lui sont devenus semblables, maintenant « qu’ils le voient tel qu’il est ».

Mais comment cela peut-il se faire ? Dieu seul est « Saint » : ce terme exprime le cœur même de son mystère, qui demeure ineffable et inaccessible à l’homme. Comment des créatures marquées par le péché pourraient-elles entrer « en communion avec la nature divine » ? L’Ange de l’Apocalypse nous répond : les 144.000 « ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l’Agneau ». Voilà pourquoi ils exultent, et se tenant « debout devant le Trône et devant l’Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main, ils proclament d’une voix forte : “Le salut est donné par notre Dieu, lui qui siège sur le Trône, et par l’Agneau !”

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Fra Angelico, Les précurseurs du Christ avec les saints et les martyrs, 1423-1424

Bien des visages de ces élus ne nous seront pas inconnus : nos proches, parents et amis, se feront une joie de nous accueillir au nom du Seigneur et de nous introduire dans cette célébration éternelle à laquelle nous sommes conviés depuis toute éternité. Car nous aussi, Dieu « nous a choisis dans le Christ, dès avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables sous son regard, dans l’amour ». Depuis toujours, le Père a résolu de rassembler tous ses enfants en un seul Corps, dont son Fils serait la Tête, afin que nous puissions participer à sa vie.

La grâce de sainteté est « organique » : nous participons à la sainteté du Corps ecclésial du Christ ; ou encore : à la sainteté de son Épouse, qu’Il a voulu « rendre sainte en la purifiant par le bain du baptême et la Parole de vie ; Il a voulu se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni aucun défaut ; Il la voulait sainte et irréprochable ». Comme l’écrit Saint Pierre, le Christ a fait de nous « la race élue, la communauté sacerdotale du roi, la nation sainte, le peuple que Dieu s’est acquis, pour que nous proclamions les hauts faits de celui qui nous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière ». Tous ceux qui ont mis leur foi dans le Seigneur, forment déjà une unique famille avec ceux dont la mort inévitable nous a séparés pour peu de temps.

Cette communion de vie dans l’Esprit du Dieu vivant ne nous unit pas seulement au Christ Jésus et entre nous, mais elle nous unit également à tous ceux qui nous ont précédés et qui partagent désormais la vie du Ressuscité. « Il a plu à Dieu, enseigne le concile Vatican II, que les hommes ne reçoivent pas la sanctification et le salut séparément, hors de tout lien mutuel » (Lumen Gentium, 9).

En ce jour, encourageons-nous donc mutuellement sur le chemin de la sainteté, puisque le Père nous attend. Recherchons sa face, gravissons la Sainte montagne des Béatitudes où le Seigneur nous révèle son visage de sainteté. Contemplons le visage de notre Dieu ; car c’est en le contemplant longuement tel qu’il se donne à voir dans les Écritures, « que nous lui deviendrons semblables » et que nous participerons à sa sainteté.

Pour vous associer à la prière de la communauté :

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Introït Gaudeamus
Psaume 23
Vivaldi : clarinette et orgue
Cantique de l’Apocalypse
Tropaire : Au jour de l’Eternité

 
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